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24/04/2013

On subit quoi au juste ?

Parce que je ne veux pas subir, je choisis de réfléchir à ce terme suite à une petite anedocte du quotidien.

Ce matin, en courses, alors que je plaisantais avec mon boucher sur le prix d'un morceau de viande qui me paraissait injustifié par rapport à un autre, celui-ci ( ce n'est pas mon boucher habituel, il est en vacances mais son collègue est aussi très sympathique et on plaisante souvent !) me répond que ce n'est pas lui qui fixe les étiquettes, que lui, il subit les prix qu'on lui dit et il rajoute et oui, madame, on subit, comme notre président, on  le subit...et la dame qui attendait derrière moi répond : "et on n'a pas fini de subir..." et donc je CHOISIS de ne pas SUBIR le mal être ambiant en disant " ah, aller, on ne va pas entrer dans le jeu de se plaindre de tout, on n'est pas malheureux", avec un sourire léger, le boucher a légèrement souri, la dame derrière n'a pas souri du tout. ( et si l'habit certes ne fait pas le moine, elle ne me semblait pas parmi les plus malheureux...)

Mais au juste, c'est quoi qu'on subit ? De la définition être soumis à quelque chose, avoir à supporter quelqu'un ou quelque chose de désagréable.

Dans mon silence intérieur, je me disais alors qu' ON :

  • subit un régime totalitaire, répressif, autoritaire.
  • subit un climat hostile, ne permettant pas les cultures nécessaires pour vivre et faire vivre une nation.
  • subit des événements climatiques terribles qui détruisent et anéantissent tant de populations.
  • subit la force des événements naturels catastrophiques.
  • subit le terrorisme.
  • subit les violences humaines telles que celles faites aux femmes, aux enfants, aux hommes.
  • subit la privation extrême de liberté telle celle connue malheureusement par les otages dans le monde.
  • subit la malnutrition, la misère, le manque d'hygiène.
  • subit le manque de soins médicaux les plus élémentaires.
  • subit le désespoir ou la maladie d'êtres proches sans pouvoir vraiment changer les choses.
  • subit la crise économique quand elle nous emporte dans des retranchements matériels, psychologiques très difficiles.

Ce "on ", ce n'est pas moi, je ne subis aucune de ces choses écrites plus haut. Hélas, peut-être qu'un jour, j'en ferai les frais et je subirai un de ces terribles événements mais parce que je ne subis pas tout cela, je me refuse d'employer ce terme à mauvais escient.

Je pourrai trouver pas mal d'exemples de ma vie professionnelle, personnelle, sociale pour lesquels je pourrais être tentée de dire que je subis telle ou telle mauvaise chose, acte, personne, sentiment mais au fond,je sais que j'ai le choix de choisir et de ne pas me laisser envahir par ce sentiment car je crois que plutôt que subir ( et certains subissent véritablement de vraies choses difficiles), faisons attention à ne pas nous laisser envahir par l'impression de subir car c'est cela qui nous enfonce véritablement dans la non-action et dans ce sentiment que nous ne maitrisons plus rien , que nous ne sommes plus maitres de nos décisions et de nos vies.

J'entends par ci, par là, que nous subissons notre démocratie...j'ai envie de faire une vraie ironie en disant que si nous ne subissons que cela, je veux bien continuer à subir un peu....

Quelque soit notre président, il y aura toujours une partie des gens qui penseront subir des lois et des décisions mais cette partie change avec l'alternance politique que notre pays connait fréquemment...

Pour terminer car il faut choisir de terminer sur ce sujet, je pense à cet étudiant chinois écrasé par un char car il subissait le non possibilité d'exprimer ses opinions, c'est un raccourci, certes pour un sujet bien vaste, mais quand même, quand nous voyons nos libertés d'expression, pouvons-nous dire que nous subissons... ?

Pour la crise économique, je serais plus compréhensive, les difficultés matérielles ressenties par beaucoup, poussent à ce sentiment de subir les choses...

Mais quand même, plutôt que subir, je me sens vivre une période difficile comme l'ont vécu d'autres pour d'autres difficultés telles que les guerres.( et encore mon exemple est mal choisi car la guerre, on la subit bien plus qu'on ne la vit.)

Alors surtout, chers lecteurs, ne subissez pas mes petites pensées sorties de mon silence intérieur et choisissez de les lire ou non, de les apprécier ou non, de les détester ou non !

Demain, promis, je ne me fais pas subir une réflexion sérieuse ( enfin un thème sérieux car je ne me prend pas au sérieux) et je choisirai d'écrire sur un thème léger....